Vivre l’art dans la ville : origine et évolution de la manifestation artistique...

En 1990, la ville de Melle a confirmé son engagement dans le domaine des arts plastiques, en confiant à un directeur artistique la première programmation culturelle sur le patrimoine historique de Melle.
« L’été roman et promenades contemporaines » est la manifestation qui ouvre la marche en associant des artistes-plasticiens et « imagiers du son ». Chaque intervenant a la possibilité d'investir la triade romane et de nous offrir sa propre interprétation.
« Ces églises ne sont pas des lieux d’exposition où l’on accrocherait des œuvres. On n’est pas non plus dans des galeries ou des musées, installés dans des monuments historiques. C’est l’esprit du monument, son « âme » approchée au travers de la sensibilité contemporaine de chaque artiste. Une autre dimension de promenade et de visite, sous une lumière différente, le temps d’un été » (H-M Borderie, directeur artistique).

On retiendra, notamment, l’installation sonore et les lumières noires de Christina Kubisch, à l’église Saint-Pierre « pour les hirondelles de Saint-Pierre » et la création du « M-H Tronic », diffuseur de musiques sacrées et rituelles du monde entier, installé en l’église Saint-Hilaire, conception et programmation musicale d’H-M Borderie.

Cette démarche de création doit rester un modèle pour favoriser l’éclosion d’une pensée artistique dans un milieu.

Du "Roman de la Nature" à "Romanes" ...

De 1991 à 1995, avec « Le Roman de la Nature », la ville de Melle renouvelle la manifestation avec une programmation expérimentale qui créé des liens entre le milieu végétal, la recherche et la création artistique.
Ainsi l’intervention de Claude Nuridsany et de Marie Perennou en 1991, marque cette période.

Par la création en 1996 de « Romanes », festival d’art contemporain, la ville de Melle a confirmé son rôle de précurseur dans son engagement en faveur des artistes contemporains et la valorisation de son histoire collective par l’organisation d’expositions dans le prestigieux patrimoine roman de la cité.

Des œuvres, ayant reçu une forte adhésion des habitants et des visiteurs extérieurs, ont été produites in situ pour les programmations. Ainsi, des artistes ont su, dans l’exigence de leurs recherches, interpréter et révéler l’esprit des lieux, notamment avec « Les trois primaires perpétuelles » en 1996 de Yann Kersalé, concepteur-lumière ou bien l’œuvre de Michel Blazy « Sans titre (Derviches tourneurs) » en l’église Saint-Pierre, sans oublier la commande publique à Françoise Quardon « le pont aux roses », place Groussard en 2002.

Naissance d'une biennale...

2003 : Nouvelle orientation du festival : « L’Art d’être au Monde », sous la direction artistique de Dominique Truco, qui annonce la première Biennale internationale d’art contemporain, avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, du Conseil Régional Poitou-Charentes, du Pays Mellois et du Conseil Général des Deux-Sèvres, plus de nombreux partenaires locaux.

Inventer et mettre en œuvre des liens nouveaux de création et de fréquentation d’œuvres d’art, à l’échelle de la ville dans sa stimulante diversité humaine, culturelle, environnementale, patrimoniale pour offrir à chacun les chemins d’un quotidien à la croisée de plus de créativité et d’humanité, tels sont les fondements du projet artistique.

« L’art d’être au monde » a été une invitation à mieux vivre ensemble en rapprochant des artistes européens de toute génération – qui, par leurs recherches spécifiques, interrogent, transforment, aiguisent notre conscience et notre compréhension du monde – et des acteurs locaux qui travaillent également à inventer et parfaire le quotidien. » (Dominique Truco, directrice artistique.)

Le festival international d’art contemporain  se nourrit, dans le tissu de la ville, de rencontres et dialogues pertinents avec les habitants.
« La fonction de l’artiste c’est de prendre, dans son atelier, le monde en réparation, comme il vient, par fragments », écrivait le poète Francis Ponge dans L’Atelier contemporain.

Grâce à l’engagement de tous les acteurs locaux  et de celui des artistes invités, la ville de Melle incarne désormais, au plan régional et national, cet Atelier contemporain avec la participation d’artistes comme Paul-Armand Gette, Jacques Villeglé, Jean-Luc Moulène, Ben, Thierry Mouillé ou encore Jacob Gautel… .

Vivre l’art et la ville … : Romanes 2005

Romanes 2005 : « Vies à vies, portait de ville » passe par le regard. Elle réunit 12 plasticiens et 3 écrivains qui placent l’être humain et le territoire au centre de leurs recherches.

Eau, air, terre : la sagesse du jardinier

Romanes 2007
Intitulée "Eau, air, terre : la sagesse du jardinier", cette biennale vient nous rappeler notre communauté de destin et la nécessité d'agir ensemble ainsi que l'énonce Gilles Clément, théorisien du Jardin Planétaire : "nous sommes responsables de la totalité des systèmes vivants exactement comme un jardinier est responsable des espèces dont il a la maîtrise. Au-delà de la métaphore, le jardin renvoie à une représentation collective diu monde".

A travers ces interrogations et ses réponses sur la fragilité de la planète, la communauté scientifique éveille nos conseiences aux responsabilités collectives. Les artistes aussi...

Dominique Truco, Directrice artistique.