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Yan Pei-Ming
 
PEINDRE, POUR YAN PEI-MING, C’EST VAINCRE LES RÉSISTANCES INHÉRENTES À LA PEINTURE : « La peinture ne se donne pas, elle se conquiert. Seuls comptent l’impact, la percussion, l’efficacité de l’image peinte » ainsi que l’exprime Bernard Marcadé *. L’artiste peint le plus souvent en noir et blanc, parfois rouge et blanc. Celui qui se bat rageusement avec la toile, traque la nature humaine dans ses célèbres portraits de Mao, Bouddha, son propre père, et une foule d’anonymes qui se bagarrent pour survivre au bas de la société. « Le profond intérêt de Ming pour l’humanité, ainsi que le souligne Hou Hanru *, l’a conduit à porter son art vers plus de considération sur le destin des êtres. En construisant un tel « Panthéon », Ming pousse son travail vers une dimension nouvelle d’engagement culturel qu’il est urgent et hautement pertinent de conduire aujourd’hui dans les débats sur les transformations vers une société multiculturelle ». Pour Melle, Ming réalise le premier portrait du nouveau pape Benoît XVI. L’artiste oriental s’approprie la figure du pouvoir suprême de la spiritualité, réservée depuis toujours aux grands peintres occidentaux tels Titien, Vélasquez, Bacon… Une figure rendue accessible par la mondialisation de la culture et de la communication. Devant le travail de Ming, le spectateur prend pleinement conscience de la tension et du rapport insécable entre art et vie.

Ming est né en 1960 à Shanghai. Il vit en France depuis le début des années 1980 et travaille à Dijon. En 2005, deux rétrospectives lui sont consacrées en Chine.

OEuvre présentée dans le choeur de l’église Saint-Hilaire, place Saint-Hilaire.

*Extrait du livre Yan Pei-Ming, Fils du Dragon, Editions du Réel